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Gestion des risques : doit-on vraiment laisser les citoyens décider ?

Du 26 au 28 juin dernier, Salomé, Emma, Antoine, Eliott et Mathilde de bluenove se sont rendus à Rouen pour la 7e Édition des Rencontres Européennes de la Participation, le rendez-vous devenu incontournable des acteurs de la participation et de la concertation en France et en Europe (professionnels, chercheurs, experts, facilitateurs, associations, citoyens…). 

Cette année, l’objectif de Décider Ensemble et de la Métropole Rouen Normandie était axé sur l‘expérimentation de formats innovants et participatifs. Nous avions donc hâte de vivre et faire vivre des expériences originales et créatives d’animation tout en retrouvant comme toujours, une grande diversité de sujets et de problématiques abordées (mobilisation de la jeunesse, suites données aux démarches participatives, gestion de l’expertise…)

Pour cette occasion, nous avions concocté un atelier d’intelligence collective sous forme de Tribunal sur la controverse suivante : “Gestion des risques industriels : doit-on vraiment laisser les citoyens décider ?” 

 

Mercredi 28 juin, 11h, la sonnerie retentit dans le tribunal, et la greffière Bertoin invite l’ensemble des présents à se lever. Le Juge Brachet rappelle les trois chefs d’accusation retenus contre la participation citoyenne à ce sujet : 

 

  1. La participation citoyenne est accusée d’être génératrice de dangerosité en faisant reposer des décisions techniques sur des citoyens profanes sans expertise sur ces sujets,
  2. La participation citoyenne est accusée d’insuffisance méthodologique, n’étant pas capable de déployer des dispositifs permettant l’expression collégiale juste et égale entre les citoyens sur un champ particulièrement technique, 
  3. La participation citoyenne est accusée d’incapacité démocratique en ne garantissant pas la redevabilité et responsabilité des décisionnaires en cas de mécontentements, ou pire de catastrophes. 

 

Experts, experts profanes et citoyens à la barre !

 

Trois témoins ont été auditionnés à la barre, pour apporter leurs avis et expériences sur le sujet : 

  • Laura Slimani, Adjointe au Mairie de Rouen, qui a rappelé le contexte local lié à l’incendie de Lubrizol et indiqué combien la démocratie a besoin que les citoyens participent aux réflexions et aux décisions. 
  • Philippe Chamaret, Directeur de l’Institut Ecocitoyen de Fos-sur-mer qui a partagé les travaux de ce centre d’étude de l’environnement et de l’effet des pollutions sur la santé, impliquant citoyens et scientifiques, et visant à mieux connaître les risques liés aux activités humaines. 
  • L’intelligence artificielle générative Chat GPT, qui a défendu le fait de laisser la décision aux experts, en évoquant notamment le fait que l’importante quantité d’informations ingérée par les IA pouvait permettre de mieux anticiper d’éventuelles failles et de comprendre des données très techniques. 

 

Un tribunal résolument…participatif ! 

 

Via l’outil mentimeter, l’assemblée a été divisée en deux équipes distinctes qui étaient chargées en 30 minutes de formuler un maximum d’arguments afin d’alimenter les réquisitoires et plaidoiries. Celle de la Procureure, en faveur du fait de ne pas laisser les citoyens décider en matière de gestion des risques ; et celle de l’Avocat en faveur du fait de laisser les citoyens décider. 

À la suite de ces travaux, nos deux orateurs ont pu finaliser leur texte. 

Maître Maulat a rappelé les différentes catastrophes que la France a connu et qui résonnent encore dans nos têtes : la catastrophe de l’usine AZF à Toulouse en 2001 ou encore l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen en 2019. Pour Madame la Procureure générale, nous ne pouvons laisser les citoyens être les décisionnaires finaux en matière de gestion des risques, car ils ne détiennent pas de compétences et d’expertises sur ces sujets à fort enjeux et qu’ils peuvent être amenés à prendre des décisions irrationnelles, non objectives. 

Du côté de Maître Nouaille, l’expertise citoyenne n’empêche pas l’expertise technique. Les citoyens sont des experts de leur territoire et doivent impérativement être consultés, car ce sont eux les premières victimes des risques naturels ou industriels. Un cadre méthodologique doit être mis en place pour garantir la libre expression de chacun d’entre nous dans le processus de décision finale. 

 

Un verdict…participatif évidemment !

 

Après ces plaidoiries pleines d’humour mais aussi d’émotions, l’assemblée a été transformée en jury populaire et a délibéré que la participation citoyenne était… NON COUPABLE ! 

 

Merci à notre partenaire sur cet événement, la Métropole Rouen Normandie. Derrière ce format différent et innovant, l’objectif était d’aborder un sujet souvent épineux et qui fait débat chez les professionnels. Le tribunal participatif crée en effet un cadre stimulant et collaboratif permettant aux participants de s’exprimer et d’être entendus sur divers sujets, en se faisant même parfois l’avocat du diable ! C’est aussi l’occasion d’apprendre mutuellement des expériences de chacun et de développer des compétences de débat et d’argumentation. 

Si vous souhaitez le reproduire ou l’adapter, n’hésitez pas à contacter Emma Bertoin emma.bertoin@bluenove.com ou (Maître !) Mathilde Maulat : mathilde.maulat@bluenove.com

 

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