www.bnet.com





L’intrapreneur est l’entrepreneur non pas d’entreprises mais de projets innovants au sein d’une entreprise et agit, comme son modèle l’entrepreneur, dans un contexte risqué qui exige des réponses rapides pour saisir les opportunités. A mi chemin entre un manager intermédiaire et un entrepreneur, l’entreprise a du mal à lui faire une vraie place.

Créé il y a 25 ans (Pinchot), le terme n’a pas connu pour l’instant de véritable gloire. Il est utilisé principalement pour évoquer des cas rares et emblématiques, comme ceux rencontrés chez 3M ou Google. Pourtant, il répond à des problématiques essentielles pour l’entreprise ces dernières années, où ont été recherchées des structures souples pour réagir rapidement aux évolutions de l’industrie. Mais l’une des difficultés pour l’entreprise qui veut mettre en place des intrapreneurs est de leur trouver un équilibre pour que ni le manager ou l’entrepreneur qui est en eux ne prenne le dessus. C’est d’autant plus délicat que l’intrapreneur a un côté « associable » : par nature, comme son modèle l’entrepreneur, il s’adapte peu aux structures pré-existantes. On attend de lui qu’il soit force d’action en relative autonomie, au-delà des programmes et budgets, sur des opportunités à saisir et des projets à développer rapidement. Et dans le même temps, l’entreprise doit rationnaliser ces personnes et leurs projets. Comment intégrer des « déviants positifs » ? Cette expression est utilisée par Valérie Blanchot-Courtois et Michel Ferrary (2009) dans un dossier sur les « communautés de pratique d’intrapreneurs », sur lequel s’appuie ce billet.

Si les intrapreneurs sont de simples déviants, leurs pratiques sont individuelles, donc non partagées, et ne sont pas accueillies par l’entreprise. Pour maintenir ces intrapreneurs, il faut donc d’une part diffuser leurs pratiques, et d’autre part leur faire une place dans la culture d’entreprise, par le biais d’une sous-culture déviante. Le dossier en question donne un exemple intéressant : celui de la R&D de Gaz de France. Via une formation à l’intrapreneuriat  « Coup de pousse », elle a pour objectif de lancer de nouvelles activités et promouvoir la nouvelle culture intrapreneuriale que s’est donnée la R&D. Le programme est composé d’un stage de formation avec un jeu de rôle où les managers jouent le rôle d’entrepreneurs, de la mise en place d’une communauté, rythmée par des rencontres, ainsi que d’un accompagnement personnalisé. Réitérée depuis près de 10 ans, cette formation rassemble quelques éléments clés de succès : elle est appuyée notamment sur un réseau socioprofessionnel d’intrapreneurs, elle est soutenue par une communauté permettant de partager et matérialiser les bonnes pratiques entre intrapreneurs et elle a des réalisations concrètes communes, comme les wikis détaillant les procédures liées aux projets intrapreneuriaux.

En bref, en mêlant innovation ouverte, communauté et outils de travail collaboratif, Gaz de France a mis en place un système stabilisé d’intrapreneurs.

Parlez-en autour de vous
  • Facebook
  • Twitter
  • email
  • LinkedIn