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raison être entreprise

Raison d’être de l’entreprise : passer de la théorie… à la pratique !

Quelle est la raison d’être de l’entreprise, en dehors du profit ? Une question trop souvent  délaissée ces dernières décennies. L’entreprise, écosystème humain et économique par excellence, joue pourtant un rôle majeur au sein de la société. Et ce ne sont pas les enjeux qui manquent pour les entreprises du 21 ème siècle! C’est pour souligner ce rôle que certains dirigeants et politiques se sont emparés du sujet en France. A travers le rapport Notat Senard, puis avec l’officialisation de la « raison d’être » de l’entreprise par la loi Pacte. Décryptage d’une prise de conscience qui a toute sa raison d’être, en théorie comme en pratique.

Définition : raison d’être de l’entreprise

Comment définir la raison d’être d’une entreprise ?

Le terme « raison d’être de l’entreprise » se trouve au cœur du rapport L’entreprise, objet d’intérêt collectif mené par Nicole Notat, ancienne secrétaire générale de la CFDT, et Jean-Dominique Senard, alors président du groupe Michelin (aujourd’hui chez Renault). Publié en mars 2018, ce document en donne la définition suivante : « ce qui est indispensable pour remplir l’objet social », car chaque entreprise « contribue à un ensemble économique et social ». C’est ce qu’on appelle aussi l’intérêt social des entreprises.

Avec une mise en garde immédiate : la raison d’être de l’entreprise n’a pas vocation à servir d’outil marketing, mais bien à impulser un projet global et des orientations stratégiques. La raison d’être de l’entreprise doit donc être créatrice de sens, soutenir l’intelligence collective, mais aussi la vision RSE du management en lien avec les salariés, actionnaires, prestataires et clients. La raison d’être de l’entreprise concerne donc toutes ses parties prenantes.

 ouverts-sur-la-raison-detreCertaines entreprises se sont d’ailleurs lancées sans attendre dans la démarche. Un exemple concret ? Le Comex EDF retransmis en live devant l’ensemble des salariés du groupe dans le cadre de la démarche raison d’être et intelligence collective « Parlons Energies ».

Pour mettre en place Parlons Énergies,bluenove a accompagné le Groupe EDF à travers un cycle complet d’intelligence collective dimensionné selon les besoins et objectifs de l’entreprise. Ou de la stratégie à la transformation concrète d’entreprise dans un esprit d’innovation permanent !

 

 

 

Et vous, vous en êtes où sur la raison d’être de votre entreprise ?
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Nos conseils pour une raison d’être d’entreprise : pourquoi en avoir une ?

La définition d’une raison d’être pour une entreprise va exercer une influence à différents niveaux.
Celle-ci va d’abord permettre de préciser plus concrètement ce qu’attendent l’entreprise et ses parties prenantes et les domaines vers lesquels se diriger. Un moyen d’harmoniser les différentes décisions opérationnelles et stratégiques prises par les dirigeants mais aussi par les collaborateurs lors d’ateliers d’intelligence collective par exemple.
Autre avantage de définir la raison d’être en entreprise : une amélioration de son image. La raison d’être n’a pas vocation à être un levier marketing. Cependant, force est de constater qu’une entreprise suivant les engagements en accord avec sa raison d’être bénéficiera d’une image plus positive auprès de ses interlocuteurs (public, clients et prospects, collaborateurs ou potentielles recrues).
Troisième raison de définir cette raison d’être : consolider une vision commune de l’enterprise.

Certaines grandes structures souhaitent par exemple mettre en valeur leur histoire et renforcer leur identité sur le long terme, ce qui souligne là encore l’importance de cette raison d’être en entreprise.

Avec la loi Pacte, la raison d’être de l’entreprise entre dans le Code Civil 

La loi Pacte (plan d’actions pour la croissance et la transformation des entreprises) a pour but de redéfinir la place de l’entreprise dans la société, pour plus d’emplois et une meilleure association des salariés. Adoptée par le Parlement en avril 2019, cette loi inclut deux grandes nouveautés autour de l’intérêt social et la raison d’être des entreprises :

  • La modification de l’article 1933 du Code Civil souligne que l’entreprise « est gérée dans son intérêt social et en prenant en considération les enjeux sociaux et environnementaux de son activité » ;
  • La modification de l’article 1835 du Code Civil lui confère en plus la possibilité de se doter d’une raison d’être, inscrite dans les statuts même de l’entreprise.

La raison d’être de l’entreprise sort donc ici de la notion de concept flottant pour s’offrir une existence légale. Et concrètement alors ?

Loi Pacte et RSE : qu’est-ce que la RSE ?

La RSE, ou responsabilité sociétale des entreprises, désigne le fait d’intégrer volontairement des préoccupations sociales et environnementales aux activités commerciales d’une entreprise ainsi qu’à ses relations avec ses parties prenantes. Chaque entreprise est libre de mettre en place cette démarche RSE, quels que soient son secteur d’activité, sa taille ou son statut juridique.
La périmètre de la RSE est défini par la norme ISO 26000 autour de grandes thématiques dont la gouvernance de l’organisation, la loyauté des pratiques ou encore les relations et conditions de travail.

Loi Pacte et RSE : quels sont les piliers de la RSE ?

La Responsabilité Sociétale des Entreprises repose sur 3 grands piliers sur les plans économique, social et environnemental. Quelques exemples concrets.

  • Pilier économique : soutien de l’activité économique locale (ex : choix de fournisseurs locaux), assurance de la qualité du service et de la satisfaction client, transparence financière auprès des investisseurs, règlement des factures dans les délais légaux
  • Pilier social : garantie du respect des règles d’hygiène et de sécurité sur le lieu de travail, respect des droits de l’Homme, non-discrimination, accès à la formation et égalité des chances
  • Pilier environnemental : réduction d’émission de gaz à effets de serre, utilisation d’énergies renouvelables, pratique du recyclage et limitation des déchets, contribution à la préservation de la biodiversité

Le cas de l’entreprise à mission

Le statut d’entreprise ou société à mission est également inscrit dans le cadre de la loi Pacte. Plus contraignant, ce statut suppose, en plus de la formalisation de la raison d’être de l’entreprise, de définir une mission sociale et/ou environnementale précise avec des objectifs chiffrés et une procédure de suivi. L’entreprise à mission s’engage alors dans une démarche similaire à celle d’une labellisation, avec surveillance d’un organisme indépendant.

Pourquoi devenir une entreprise à mission ?

Devenir une entreprise à mission présente plusieurs intérêts pour votre société car cela vous permettra notamment :

  • D’améliorer vos performances économiques
  • De réunir vos équipes autour d’une même ambition
  • D’englober vos engagements RSE à la stratégie globale de votre entreprise
  • D’être créateur de davantage de valeur grâce à l’innovation
  • De démontrer votre raison d’être vis-à-vis de vos interlocuteurs

De manière générale, devenir une entreprise à mission attestera de votre fort engagement en inscrivant ce dernier dans un statut juridiquement reconnu. On parle désormais de “Business for good” lorsqu’une entreprise allie sa recherche de profit avec un impact positif en faveur de l’intérêt général.

Comment devenir une entreprise à mission ?

Plusieurs prérequis sont exigés. Votre structure doit par exemple avoir inscrit sa raison d’être d’entreprise dans ses statuts, formuler des engagements concrets et définir des modalités de suivi. Un Organisme Tiers Indépendant (OTI) devra ensuite procéder à la vérification de la demande puis la mention “entreprise à mission” ajoutée sur le K-bis via une déclaration auprès du greffe pour publicité.
S’en suivront ensuite 5 grandes étapes :

  • La définition de la raison d’être de votre entreprise
  • La formalisation de votre mission
  • L’élaboration du plan d’actions
  • La mobilisation de vos équipes autour de la mission
  • L’évaluation des résultats via un outil de suivi

CITEO a par exemple été créée par des grands acteurs du secteur de la grande consommation et de la distribution. Devenue entreprise à mission en 2020, elle s’engage à préserver la planète et ses ressources en proposant des solutions pour réduire emballages et papiers. Elle vise aussi à promouvoir l’économie circulaire sur le territoire français.
En travaillant avec d’autres entreprises, ainsi que les citoyens, les collectivités locales, les opérateurs du recyclage et bien d’autres acteurs, CITEO poursuit 5 objectifs sociaux et environnementaux :

  • Réduire l’impact environnemental des produits de ses clients (via l’éco-conception et l’économie circulaire notamment)
  • Développer des solutions permettant d’allier économie et performance environnementale
  • Aider les consommateurs à réduire l’impact écologique de leur consommation
  • Co-construire les solutions et positions de l’entreprise sur le plan local comme international
  • Stimuler l’engagement des équipes de CITEO tout au long de ses missions

Comment concrétiser la raison d’être de l’entreprise ? 

On l’a compris, le fait que la raison d’être de l’entreprise possède désormais un véritable statut représente un beau pas en avant. Oui, mais seulement s’il ne s’agit pas d’un vœu pieu destiné à améliorer son image de marque en surface. Ou comment faire pour que la raison d’être d’entreprise devienne un enjeu stratégique et non un buzzword de communication opportuniste.

Je vote pour la raison d'êtreSelon une étude récente du BCG, 2/3 des membres de comités de direction font de l’expression de leur « raison d’être » un enjeu stratégique. L’entreprise d’aujourd’hui et de demain, si elle veut perdurer, doit donc désormais prouver sa capacité à participer de façon positive à ces divers enjeux : l’intelligence collective au sein de l’entreprise ainsi que son impact social et environnemental global.

Pour y parvenir, la majorité des entreprises lancées dans la démarche mettent peu à peu en place des outils concrets de définition de leur raison d’être (vote, plateformes d’expression, appel aux initiatives, consultation des parties prenantes) pour permettre aux salariés de prendre la parole de façon active et constructive autour du projet d’entreprise (comme c’est le cas pour « Imagine 2030 » d’Engie par exemple). Allant pour certaines entreprises jusqu’à revoir leur propre gouvernance.

 

Raison d’être en entreprise : exemples

La liste ci-dessous met en perspective les raisons d’être des entreprises citées et les initiatives du management pour concrétiser ce projet.

Danone

  • Raison d’être : Redonner tout son plaisir à l’alimentation en innovant sans cesse.
  • Intelligence collective & Gouvernance : Programme « une personne, une voix, une action ». Chacun des 100 000 salariés du groupe pourra donner son avis sur les orientations stratégiques 2030 via une plateforme interne.
  • Labellisations & Engagements : B Corp, Objectifs de Développement Durable définis par l’ONU

MAIF

  • Raison d’être : “Convaincus que seule une attention sincère portée à l’autre et au monde permet de garantir un réel mieux commun, nous la plaçons au cœur de chacun de nos engagements et de chacune de nos actions. C’est notre raison d’être.”
  • Intelligence collective & Gouvernance : Nomination d’un Chief Mission Officer pour veiller à la concrétisation de cette ambition.
  • Labellisations & Engagements : La Maif première grande « entreprise à mission » en France (2020)

Michelin

  • Raison d’être : Offrir à chacun une meilleure façon d’avancer.
  • Intelligence collective & Gouvernance : Initiatives récurrentes d’innovation participative

Veolia

  • Raison d’être : Ressourcer le monde. La raison d’être de Veolia est de contribuer au progrès humain, en s’inscrivant résolument dans les Objectifs de Développement Durable définis par l’ONU, afin de parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous. C’est dans cette perspective que Veolia se donne pour mission de “Ressourcer le monde”, en exerçant son métier de services à l’environnement.
  • Intelligence collective & Gouvernance : Tableau de bord de suivi des objectifs, Comité des parties prenantes
  • Labellisations & Engagements : Objectifs de Développement Durable définis par l’ONU

Vous pouvez découvrir le cas Véolia et le pilotage de sa raison d’être juste ici.

Carrefour

  • Raison d’être : Assurer une alimentation de qualité pour tous. “ Notre mission est de proposer à nos clients des services, des produits et une alimentation de qualité et accessibles à tous à travers l’ensemble des canaux de distribution. Grâce à la compétence de nos collaborateurs, à une démarche responsable et pluriculturelle, à notre ancrage dans les territoires et à notre capacité d’adaptation aux modes de production et de consommation, nous avons pour ambition d’être leader de la transition alimentaire pour tous.”
  • Labellisations & Engagements : Programme Act for Food, Adoption du Nutri-score

Vous pourrez également découvrir ici le cas Décathlon et sa vision pour 2030.

Ces exemples illustrent un mouvement en cours dans le monde des grandes entreprises. Les étapes suivantes ? S’approprier les outils pertinents qui lient raison d’être d’entreprise et intelligence collective afin de s’assurer que tous les collaborateurs participent à la co-construction de cette raison d’être. La concrétiser au quotidien, pour tous, jusqu’aux orientations stratégiques les plus profondes. Et enfin, entraîner dans ce mouvement le plus d’entreprises possible, quelle que soit leur taille. Car toutes portent par définition en elles un intérêt social.

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