Il y a un mois de cela, Stefan Lindegaard, auteur danois spécialiste de l’Open Innovation, a publié son livre « Making Open Innovation Work ». Plus d’un an après son premier ouvrage sur le sujet (« The Open Innovation Revolution »), le responsable du blog 15inno revient avec un livre résolument orienté vers la mise en œuvre concrète du concept. En se basant sur ses interactions avec des responsables de l’Open Innovation dans des grands groupes et des représentants de petites entreprises, Stefan Lindegaard parvient en effet à mettre en lumière certains ressorts et signaux faibles qui donnent à l’Open Innovation toute sa force ou au contraire ruinent cette initiative d’ouverture.

Si l’auteur prend la peine de rappeler, de façon assez convenue, le concept de l’Open Innovation et ses bénéfices, il met en garde toutefois le lecteur contre le fantasme de la solution miracle, en insistant sur les efforts à mener en interne pour que la démarche puisse porter ses fruits. Il invite les entreprises à bien questionner quels seraient les objectifs qu’ils souhaiteraient atteindre en implémentant une démarche d’Open Innovation, en rappelant qu’il s’agit d’un outil et non d’une fin en soi. Ce point de vue porté sur le chantier interne qui accompagne toute démarche d’Open Innovation permet d’apporter un éclairage différent sur un concept trop souvent traité comme un mouvement exclusivement tourné vers l’extérieur.

Les bénéfices internes de l’Open Innovation

Nous ne nous étendrons pas ici sur tout le travail à mener en interne, bien résumé par l’auteur et qui relève souvent de problématiques de gestion du changement. Nous nous intéressons ici aux retombées positives, pour le processus d’innovation interne de ce chantier nécessaire pour l’Open Innovation. L’auteur cite ainsi dans son livre deux exemples de ces bénéfices internes.

  • Au contact de petites structures, que l’auteur suppose plus proche du marché et de ses besoins (cet argument peut être contesté, les start-up n’ont par exemple pas forcément les moyens de faire des études de marché conséquentes), les équipes internes des grandes entreprises vont quitter peu à peu leur focalisation sur les besoins internes pour ceux du marché.
  • En apprenant à collaborer avec d’autres entreprises, les équipes des business units, souvent organisées en silo, seront plus aptes à travailler ensemble. Ceci peut paraître étonnant (« je travaille d’abord avec l’extérieur pour apprendre à travailler avec des collaborateurs d’une autre entité »), mais quand on connaît le cloisonnement des équipes de R&D dans l’industrie on n’est que peu choqué par cette assertion.

 

En complément de l’analyse de l’auteur, voici deux autres externalités positives de l’Open Innovation pour l’organisation interne de l’innovation, issus de l’expérience bluenove :

  • Avant d’ouvrir son innovation, il est nécessaire de disposer d’une grille thématique claire. Pour s’adresser à son écosystème innovant et attirer des partenaires pertinents, il faut disposer d’un message compréhensible sur les domaines d’innovation que l’entreprise a décidé de mettre en oeuvre. Les grands groupes disposent souvent d’un projet stratégique sur les thématiques du futur, d’ailleurs souvent confidentiel. La démarche d’Open Innovation oblige les entreprises à construire une version « extérieure », plus pragmatique et sans jargon de leurs domaines stratégiques, ce qui contribue à les retravailler et en affiner les contours.
  • Dans une démarche d’Open Innovation, l’entreprise a besoin de porte-paroles qui vont faire connaître l’initiative et les thématiques d’innovation à l’occasion des temps forts de l’écosystème innovant (événements, conférences, workshops, etc…). Ce besoin amène les grands groupes à repérer et qualifier au sein de leurs équipes ces profils capables de présenter la vision de l’entreprise sur une thématique précise. La mise en place de ce réseau de porte-paroles est un acquis formidable pour les projets collaboratifs internes de l’entreprise, dont les interlocuteurs privilégiés sont ainsi déjà identifiés.


Ouvrir sa maison pour mieux la ranger

Etonnant donc de voir ce qu’une démarche d’Open Innovation peut apporter au fonctionnement interne de l’entreprise. Stefan Lindegaard dit dans son livre  qu’il faut « ranger sa maison » avant de  s’ouvrir aux autres. Pour inverser cette métaphore, nous disons ici qu’inviter des personnes est justement un bon prétexte pour mettre (enfin) en ordre son logis. N’avez-vous pas vous-même remarqué que votre maison n’était jamais aussi bien rangée que quand vous l’ouvriez aux autres ?

 

Parlez-en autour de vous
  • Facebook
  • Twitter
  • email
  • LinkedIn