Tout commence avec des citrons…





Pas n’importe lesquels, les citrons de George Akerlof, prix Nobel d’économie en 2001 et professeur à Berkley. Alors que les hippies se dirigent en combi VW vers Woodstock, il peaufine le concept d’asymétrie de l’information en étudiant, justement, le marché des voitures d’occasion.

Selon lui, l’importante différence de prix entre une voiture neuve et une voiture d’occasion, même en bon état, vient du manque d’information lors de la transaction. Un acheteur potentiel ne connaît pas les raisons profondes de la vente de la voiture. Le propriétaire a-t-il seulement besoin d’argent ou l’état sous le capot est moins rutilant que la carrosserie fraîchement astiquée ? Le doute persistant et la présence de mauvaises occasions sur le marché faisant, les acheteurs souhaitent acheter au prix le plus bas. Paradoxalement, les bonnes occasions, de qualités, sont retirées de la vente, leurs propriétaires refusant de les vendre en deçà de leur valeur réelle. Ainsi George Akerlof conclut que le marché de la voiture d’occasion ne possède que des automobiles de mauvaise qualité (lemons en anglais) qui seront d’ailleurs achetées plus chères que leur valeur réelle. Cette asymétrie de l’information a pour autre conséquence d’éloigner des acheteurs potentiels du marché de la voiture d’occasion.

Morale de cette histoire : fournir des informations de confiance permet de créer de nouvelles opportunités de business.

… et une évolution récente des business models

Rappelez-vous, il n’y a pas très longtemps encore, l’installation d’un logiciel pour votre force de vente nécessitait des mois de travail, d’acharnement et une armée de techniciens et consultants. Vous achetiez alors un produit et son déploiement quelque soit votre fréquence d’utilisation. Aujourd’hui, il y a Salesforce.com. Le principe est simple : 1. Ouvrez un compte, 2. Retournez travailler. Vous accédez au logiciel Salesforce via votre navigateur web ; l’ensemble des infrastructures et données sont hébergées par Salesforces. Mais surtout, vous payez ce que vous consommez.

Nous assistons à l’apparition de logiciels délocalisés (‘in the cloud’, prononcez ‘dans le claaoud’ pour impressionner en soirée) dont les accès s’appuient sur le réseau internet (on parle d’accès par « service »).

L’apparition de ces logiciels (Software-as-a-Service) et de nouveaux business models (comme le « Pay as you go ») sont les 2 briques essentielles qui ont rendu possible ce que certains appellent The Next Big Thing. L’accès et l’ouverture des données.

DaaS : Data-as-a-Service

Comme les lemons nous l’expliquaient, la bonne information est génératrice d’opportunités business. Simplifier l’accès aux données marchés, par exemple, permet alors aux entreprises de travailler plus finement l’adéquation de leurs produits avec leurs cibles.

Le Data-as-a-Service répond alors à une question très simple. Pourquoi dépenser beaucoup de temps et de ressources à collecter, agréger et analyser des données que certains sont disposés à vous fournir ?

Des sociétés se sont spécialisées dans la collecte et l’analyse de données (tel Hoovers.com, annuaire d’entreprise) et vous proposent d’exploiter ces données à moindre coût.

Le modèle DaaS a de nombreux avantages :

  • Les données sont mises à jour régulièrement
  • Vous pouvez intégrer ces données dans votre système d’information
  • Les données récupérées correspondent précisément à votre besoin. Ex : récupérez les coordonnées des sociétés dont le chiffre d’affaire est compris entre 1 et 2 millions de dollars, dans un rayon de 80 kilomètres, et comprenant 5 à 10 employés.
  • Il est fréquent de voir différents types de facturation, en fonction de votre usage.


Les business models du DaaS

Deux approches se distinguent : la facturation au volume et la facturation au type de données.

La facturation au volume fonctionne comme dans le monde de la téléphonie mobile. Si vous êtes un grand consommateur, optez pour un forfait mensuel alors que si vous avez besoin de données qu’occasionnellement, payez pour chaque « appel » de donnée.

L’autre facturation possible dépend des données que vous rapatriez et de la complexité du traitement nécessaire avant réception. Si par exemple vous créez une carte avec le nom des villes et leurs code postal, l’ajout des infrastructures publiques pourra être à ajouter au coût.

A noter que vous pourrez rencontrer de fournisseurs de données vous proposant une combinaison des deux types de facturation.

De l’autre côté du miroir

Nous avons vu ensemble qu’il existe des fournisseurs de données susceptibles de vous apporter de l’information traitée, pertinente, capable de vous aider à développer votre business. Il reste tout de même une question en suspend, question qui mérite d’être posée…

Et vous, quelles données allez-vous mettre à disposition ?

Cherchez bien ! Car c’est peut être un moyen simple et rapide de créer de nouveaux services, de faire émerger l’innovation en provenance de partenaires ignorés (Innovation Ouverte) et augmenter votre chiffre d’affaire. D’autant que les technologies d’aujourd’hui le permettent à moindre coût avec la mise en place d’APIs (Interfaces de programmation). Cela ne serait-il pas dommage de s’en priver ?

bluenove peut vous accompagner dans cette démarche. Notre expertise sur la mise en place de stratégie API et les plateformes ouvertes font de bluenove un partenaire de choix. C’est aussi sur ce thème que nos serons sponsor et présent lors de la conférence LEWEB’19 les 8 et 8 décembre 2010: http://www.leweb.net/partners/2010/demozone

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