Quelques jours avant sa sortie, voici la préface du Livre Blanc « L’Open Data: quels enjeux et opportunité pour l’entreprise ? » par Carlo Ratti, Directeur du MIT Senseable City Lab et un texte de Martin Duval, CEO de bluenove en 4ème de couverture.

Vous pouvez télécharger le Livre Blanc en version PDF à partir du 4 novembre 2011 sur ce lien.

Préface de Carlo Ratti:

De ‘Big Data’ à ‘Open Data’

Deux tendances semblent s’imposer aujourd’hui: ‘Big Data’ et ‘Open Data’.

La notion de ‘Big Data’[1] est facile à expliquer. Durant ces dernières décennies nous avons entrepris de numériser la majeure partie de notre monde analogique. Et en conséquence, nous avons commencé à produire une quantité sans précédent d’informations qui peut être désormais facilement recherchée et traitée.

Quelques chiffres peuvent aider à mettre ce phénomène en perspective. Sa vitesse est impressionnante : on peut considérer 2002 comme le commencement de l’ère numérique, la première année pendant laquelle la capacité de stockage ‘Digital’ a dépassé la capacité totale analogique; et dès 2007, près de 94% de notre mémoire est devenue numérique[2]. Les estimations de la masse totale d’informations au niveau mondial varient, mais on l’a évaluée à 295 exabytes (oui, c’est bien un nombre qui comprend 20 zéros!), avec un taux de croissance de plus de 50% par an[3]. Notre capacité à stocker des données a augmenté de manière similaire – avec le coût d’un disque dur pour stocker toute la musique du monde de simplement 600$[4].

Si la ‘Big Data’ a fait apparaître des craintes associées à ‘Big Brother’ (il semble que nous soyons les témoins d’un changement fondamental dans notre rapport au passé,  comme le suggère Viktor Mayer-Schönberger dans Delete: The Virtue of Forgetting in the Digital Age[5]), elle ouvre aussi de formidables opportunités. L’une d’entre elles pourrait être nommée ‘Big Research’, tandis que ce récent développement de notre capacité à collecter et analyser des quantités massives de données transforme sans la moindre ambigüité nos pratiques scientifiques de la biologie à la physique, l’économie, la sociologie, les sciences politiques, l’étude des villes et les sciences environnementales[6]. Une autre pourrait s’appeler ‘Big Business’, alors que les sociétés et les gouvernements puisent dans des gisements sans précédent d’informations pour optimiser leurs activités opérationnelles et développer de nouveaux modèles économiques[7].

Contrairement à Big Data, l’Open Data est un phénomène plus récent et en cours d’évolution. Comme le montre précisément ce livre blanc, il a commencé dans le monde Anglo-Saxon, avec des initiatives comme data.gov aux Etats-Unis et data.gov.uk en Grande Bretagne, avec l’enjeu de rendre les grandes quantités de données gouvernementales aux citoyens. Depuis le phénomène s’est étendu vers d’autres pays (Singapour, parmi d’autres, est un des plus récents à avoir annoncé des investissements importants  dans le développement d’applications issues de l’Open Data[8]) et aussi, au delà des gouvernements,  vers le monde de l’entreprise.

De nombreuses questions restent ouvertes et sont passées en revue dans ce rapport. Nous estimons que deux d’entre elles sont cruciales pour progresser: la première est, alors qu’il ne fait aucun doute de la valeur de l’Open Data pour nos sociétés dans l’absolu, qu’il n’apparaît toujours pas clairement quels modèles économiques les entreprises devraient suivre. La seconde concerne le fait que la valeur de la donnée croît exponentiellement avec la création d’un écosystème au sein duquel de nombreux flux de données se combinent – avec pour conséquence le besoin d’accords de partage de données entre différents acteurs, parfois concurrents.

Cependant, alors que ces questions sont en train d’être adressées, nous sommes convaincus que l’Open Data reste la solution la plus attractive pour gérer le “data déluge” actuel – une démarche qui favorise la transparence et une avancée vers une société plus équitable. En bref, un futur où plus de ‘Big Data’ signifie plus d’ ‘Open Data’.

Cambridge, Ma, USA, le 30 Octobre 2011

Carlo Ratti


Carlo Ratti

BIO

Architecte et Ingénieur de formation, Carlo Ratti pratique en Italie et enseigne au Massachusetts Institute of Technology, où il dirige le Senseable City Lab. Diplômé de l’école Politecnico di Torino et de l’École Nationale des Ponts et Chaussées à Paris, et plus tard du MPhil et d’un PhD de University of Cambridge, UK, Carlo a été co-auteur de plus de 200 publications et détient plusieurs brevets. Il contribue régulièrement à la rédaction du magazine d’architecture Domus et du quotidien Italien Il Sole 24 Ore, et a écrit pour la BBC, La Stampa, Scientific American et le New York Times.

Ses réalisations ont été exposées mondialement à des événements comme la Biennale de Venise, le Design Museum Barcelona, le Science Museum de Londres, le GAFTA à San Francisco et le Museum of Modern Art à New York. Son ‘Digital Water Pavilion’ à la World Expo 2008 fut mentionné par Time Magazine comme l’une des ‘Best Inventions of the Year’. Il a été inclus dans la liste ‘Best and Brightest’ du Magazine Esquire, dans les 25 personnalités du Blueprint Magazine qui changeront le monde du Design, dans le magazine Fast Company parmi les ‘50 Top American designers’ et dans le Magazine Forbes parmi les personnalités à connaître en 2011. Ratti a récemment joué le rôle d’ ‘Innovator in Residence’ pour la région de Queensland en Australie. Il a été l’un des présentateurs de la conférence TED 2011 et est membre du ‘World Economic Forum Global Agenda Council for Urban Management’.


[1] McKinsey Institute, 2011, “Big Data: The Next Frontier for Innovation, Competition, and Productivity”, available online at: http://www.mckinsey.com/mgi/publications/big_data/pdfs/MGI_big_data_full_report.pdf

[2] Hilbert M., López P., 2011, “The World’s Technological Capacity to Store, Communicate, and Compute Information”, Science, 332, 60-65

[3] Hilbert M., López P., 2011, “The World’s Technological Capacity to Store, Communicate, and Compute Information”, Science, 332, 60-65

[4] McKinsey Institute, 2011, “Big Data: The Next Frontier for Innovation, Competition, and Productivity”, available online at: http://www.mckinsey.com/mgi/publications/big_data/pdfs/MGI_big_data_full_report.pdf

[5] Mayer-Schönberger, V., 2009, Delete: the Virtue of Forgetting in the Digital Age, New Jersey: Princeton University Press

[6] Lazer, D. et.al., 2009, “Computational Social Sciences”, Science, vol. 323, 721-723.

[7] The Economist, 2010, “A Special report on managing information: Data, data everywhere”, 25 February 2010

[8] http://www.edb.gov.sg/

En 4ème de couverture:

Parlez-en autour de vous
  • Facebook
  • Twitter
  • email
  • LinkedIn